
En tant que partenaire de plusieurs festivals compétitifs en France et en Suisse, Tënk dote et remet des prix à des films et leurs cinéastes ! Nous choisissons de primer des jeunes cinéastes, la plupart sont des films issus d’écoles, tous des courts métrages. Car pour nous, il est important non seulement d’encourager mais également de montrer ces premiers gestes de cinéma. Parfois fragiles, souvent libres, ils seront très prochainement à découvrir sur Tënk. Voici les cinq derniers – tous en ce début d’année 2026 – qui ont été récompensés par les différents jurys.
Le prix consiste en un achat de droits de diffusion sur Tënk. Le jury est composé de membres de l’équipe de Tënk et de son comité de programmation.
Production : Pingping Press

Welcome to Set remet en scène les sessions d’entraînements de technologies de surveillance apprenant à détecter les mensonges par nos micro-expressions faciales. Si les interfaces IA adoptent ici un ton sympathique et avenant, la réalité présente et à venir de la surveillance qu’elles dissimulent est glaçante. Un regard sur la fabrique de l’IA et ses biais.
Avis du jury :
Nous naviguons dans un monde où nous laissons tous les jours quelques petites parties de nos intimités sur des serveurs par-ci par-là. Un simple abonnement à une plateforme numérique et voilà nos données disséminées. Est-ce bien possible aujourd’hui de l’éviter ? On peut en tout cas en être conscients. Connaître les pratiques de ceux qui « nous » collectent. Et se demander : jusqu’où va ce « nous » ?
Nous avons choisi de remettre le Prix Tënk – Opening Scenes à un film qui rend compte d’une passionnante recherche scientifique. Il adopte pour cela la rigueur du protocole, remis en scène pour la caméra, et nous implique de manière participative et ludique. Que cherche-t-on là ? On cherche à déceler ce qui de nous ne peut pas se voir, mais que les machines savent à présent détecter. Nos mensonges. Ce qu’on souhaite cacher derrière des visages impassibles. Les signes d’émotions qu’on voudrait dissimuler.
Mais il y a la recherche et il y a son application : ici, on apprend que chacune de nos rides, chacun des frémissements de nos sourcils peuvent à présent être objets de commerce, puis de contrôle. Welcome to Set nous le dit et on frémit : nos visages mêmes nourrissent les machines. Et les machines lisent nos visages.
Tënk offre une résidence de post-production à un des projets du VDR Work-in-progress. La dotation correspond à 2 semaines de montage son et 1 semaine d’auditorium de mixage (incluant le salaire du technicien recorder et du chargé de production) aux Studios de Tënk, valeur 9 560€. Le prix est remis par le jury VdR-Industry.
Production : Serendipity Films, artTrace Foundation

Au fil de trois fleuves – le Mississippi, la Drina et la Roer –, le cinéaste retrace les origines de (son) bégaiement, entremêlant voix humaines et non humaines pour former une mosaïque de mémoire, de fracture et d’appartenance, où se rejoignent le langage de l’eau, celui du bégaiement et celui du cinéma.
Le prix est doté par Tënk à hauteur de 500 € au cinéaste et d’un achat de droits de diffusion sur Tënk. Le film est sélectionné par le jury court métrage du festival.
Production : Maison Fracas

Le temps d’un week-end, un couple de réalisateurs tente de se mêler à une communauté de collectionneurs en uniformes. Dans ce monde de reconstitution historique, où la légèreté des rôles se heurte au poids de la mémoire qu’ils réveillent, le jeu prend des allures troublantes.
Avis du jury :
Entre observation distanciée et curiosité presque enfantine, le film explore un monde où l’Histoire ne s’écrit plus : elle bégaye. Dans ce théâtre de reconstitution, le passé devient simulacre, le jeu dévore la mémoire. Ces rassemblements, entre folklore fascisant et vertige morbide, révèlent l’épuisement du récit collectif à l’ère de la post-histoire et de la post-vérité. Sous la déconcertante légèreté des protagonistes et leurs insignes affleure un désir d’ordre et une pulsion mortifère.
En partenariat avec La Cinémathèque du documentaire, le prix est doté de 1 000 € pour le cinéaste, 2 500 € d’achat de droits pour le catalogue Images de la culture, ainsi que d’un achat de droits de diffusion sur Tënk. Le jury était composé de Leila Tsakaiev de Images de la Culture et de Loane Bouillet de Tënk
Production : Un point bleu pâle

Dans la liesse du carnaval de Rio, Ilma écrit à son fils. Comment sa présence se fait-elle sentir dans la foule ? Moment de temps suspendu, la fête devient un espace de mémoire et de résistance politique.
Avis du jury :
C’est un documentaire poétique et politique qui a retenu notre attention cette année. O Rio de Janeiro Continua Lindoprend la forme d’une carte postale. Filmé en pellicule, l’image raconte l’ambiance d’un Rio chatoyant en plein carnaval. Mais de l’autre côté de la fête, la voix d’une mère creuse une autre typologie de la ville, traversée par les violences policières. Le dispositif du film, sobre et émotionnel, se construit sur une dissociation entre l’image et le son, comme pour évoquer l’envers d’un Rio à la géographie mortifère. La carte postale perd de ses couleurs pour laisser alors place au silence assourdissant d’aimer d’une mère éplorée. Cette complainte, sans pathos et loin d’être isolée, fait écho aux multiples autres voix et autres visages maternels. L’intime devient collectif. Les espaces communs abritent une tristesse qui devient politique et qui résonne bien au-delà des frontières de la ville.
Le prix est doté par Tënk à hauteur de 500 € à la cinéaste et d’un achat de droits de diffusion sur la plateforme Tënk. Le jury est composé de membres de l’équipe permanente de Tënk.
Production : HFF – Hochschule für Fernsehen und Film München

Dans une oliveraie près de Delphes, des arbres frappés par la sécheresse subissent des vents violents, rappelant les incendies qui ravagent le pays. À cet endroit, une famille paysanne tente de ranimer sa terre.
Avis du jury :
Il ne fait pas de doute qu’une catastrophe est en cours et pourtant on persiste, on se réunit, on s’unit pour la contrer. Il y a du courage et de l’espoir dans ce film proche des humains, qui fait la part belle à la rencontre simple, au temps passé, aux gestes observés. Il y a du vent, des paysages méditerranéens et un danger qui couve : le feu qui brûle les arbres et qui chaque jour peut nous atteindre. C’est Elysian Fields, de Anna-Maria Dutoit, à qui nous remettons avec grand plaisir le prix Tënk-Fipadoc de la jeune création en cette année 2026. Nous y avons beaucoup apprécié cette sorte de sagesse avec laquelle la famille que nous suivons fait face aux difficultés. Nous y avons vu une forme de fable sur la nature humaine qui résiste et qui – comme Sisyphe, dont l’histoire nous est rappelée – semble pouvoir trouver le bonheur là où il se trouve, là où les racines sont plantées. C’est un cinéma de rencontre qui tire profit de son apparente simplicité, qui prend le temps de la méditation et de la contemplation. Un cinéma dans lequel on trouve une forme d’apaisement dans l’inquiétude. Un endroit où dans le bruit assourdissant des cigales on demande à l’enfant la solution aux problèmes de notre monde. Et puis on continue à arroser les oliviers, coûte que coûte.