
05 août 2026
Depuis le 8 juin 2026, l’École documentaire de Lussas propose une toute nouvelle formation : Créer avec et par le sonore à une promotion de six réalisateur·rices en partenariat avec les Studios de Tënk.
Au fil de cette formation de dix jours, la matière sonore se façonne en trois temps forts :
À l’issue de ces 10 jours intenses, les participant·es apprennent à maîtriser les enjeux du son à chaque étape de la réalisation d’un film.
On a tendance à résumer les studios à ce qu’ils produisent : des films finis, des mix livrés, des projets sortis de post-production. Mais ce que cette formation rappelle, c’est que l’outil — en l’occurrence, l’auditorium — est aussi un espace pédagogique. Le mettre à disposition de six participant·es en formation, c’est leur donner accès à des conditions d’écoute qu’ielles n’auraient pas autrement. Ce n’est pas anodin. Le son s’apprend aussi avec le corps, et particulièrement avec les oreilles bien placées dans une bonne acoustique.
Pour Emmanuel Roy, Responsable de l’École documentaire, c’est même l’un des atouts centraux du dispositif :

« La possibilité donnée aux stagiaires de travailler dans l’auditorium des Studios de Tënk est essentielle et précieuse. Elle leur permet d’expérimenter très concrètement ce qu’ils peuvent attendre du mixage, ce qu’ils peuvent tenter ou pas. Ça n’arrive jamais d’avoir accès à un auditorium de mixage pour en expérimenter les possibles ! »
La formation, encadrée par Gil Savoy (monteur son, mixeur) et Pierre Tonachella (réalisateur), couvre l’ensemble de la chaîne sonore du documentaire : de la prise de son jusqu’au mixage final, en passant par le montage son. Chaque participant·e travaille sur une séquence issue de son propre projet en cours. Ce n’est pas une formation théorique, c’est une formation par le faire.
Le premier module pose les bases de l’écoute et du matériel. Le second approfondit les enjeux narratifs du documentaire sonore, avec des écoutes et des analyses collectives. Le troisième est celui de la post-production : montage son en autonomie, puis mixage en auditorium avec Gil et Pierre, chaque participant·e assistant au mixage des autres. Une formule qui crée une dynamique de groupe rare, où l’on apprend autant de ce qui se passe sur la timeline des autres que de la sienne.
Derrière cette construction pédagogique, il y a une conviction forte sur le rôle du son dans l’écriture documentaire.

« De manière très littérale, un film construit un récit avec une matière audiovisuelle, donc de l’image et du son. On peut évidemment se priver de l’un ou de l’autre, mais on se prive alors de la moitié des outils à notre disposition. Prendre conscience des enjeux de la matière sonore dès la phase d’écriture permettra au·à la réalisateur·rice d’élargir son champ des possibles et de ne pas être bloqué·e par la suite dans ses choix. »
Gil Savoy – monteur son, mixeur

« Aux côtés de l’image, le son est l’expression de la rencontre, de l’apparition d’une personne ou d’un lieu. Il atteste de notre engagement vers l’autre et de notre position dans l’espace. Il me semble donc indispensable de se projeter dans ce que l’on peut éprouver de l’autre et de l’espace par le son ; quand bien même il s’agit de travailler avec un dispositif d’enregistrement minimal. »
Pierre Tonachella, réalisateur

Romane, Juliette, Manon, Hilda, Virginie et Marceau sont ressorti·es de cette formation avec une façon différente d’écouter ce qu’ielles filment.
L’une des participantes le résume simplement :
« Je suis venue avec des objectifs précis, travailler mon dossier, affiner mon dispositif de tournage, et tout a été bien rempli… même au-delà. C’est une formation intense, qui continue de travailler en vous longtemps après. On repart avec des questions nouvelles, des outils concrets, et une façon d’écouter différente. Belles rencontres avec les deux encadrants, qui savent à la fois exiger et mettre à l’aise. Super accueil de l’École, et une vraie générosité dans les moyens mis à disposition : salle de montage, cinéma, auditorium. Et puis une belle entente avec les autres stagiaires, de 25 à 60 ans, surtout des femmes, et ça c’est une vraie richesse. Au top. Merci. »
Ce partenariat entre les Studios de Tënk et l’École documentaire n’est pas anecdotique. Les deux structures partagent le même territoire, le même bâtiment à Lussas en Ardèche, avec la conviction commune que le documentaire se fabrique mieux quand les savoirs circulent entre ceux qui font et ceux qui apprennent à faire.
Pour Gil Savoy, la singularité de Tënk tient aussi à ce que le lieu génère au-delà de l’outil :
« L’aspect qui fait pour moi la marque de fabrique et la singularité de ce lieu, c’est qu’on est véritablement accueilli. Il y a derrière les studios une équipe qui met dans les meilleures conditions de travail, et avec qui il y a une rencontre humaine. Cela couplé au fait que l’on vient y travailler un peu comme pour une résidence, au sein du village de Lussas et de l’École documentaire, crée un environnement d’échanges très stimulant pour le travail. »
La formation Créer avec et par le sonore sera reconduite l’année prochaine, pour six nouveaux·elles réalisateur·rices ayant un projet documentaire en cours d’écriture ou de tournage. Elle s’inscrit dans le programme de l’École documentaire soutenu par France 2030 – La grande fabrique de l’image et accompagnée par le CNC.